18.09.2006
A la tienne
Hep, toi!
Oui, toi, le lecteur impatient, celui qui est déjà en train de partir... Attends...
Ah tu sais, je te vois très bien de là où je suis... Ou plutôt, je t'imagine, mais c'est pareil. C'est mieux même, je ferme les yeux, et je vois tout.
Je sais bien que tous les internautes ont les mêmes yeux cernés, la même tête de hibou, à la lueur blafarde de leur écran, le même petit geste impatient de l'index sur la souris... La même lassitude certains soirs.
Ou vont-ils? Le savent-ils au moins?
Et toi, tu sais?
Alors arrête-toi, mettons que j'aimerais bien faire un petit bout de chemin avec toi... La causette quoi... Oh pas grand chose, tu restes un peu, tu poses tes valises, et on s'écoute...
Si j'pouvais, mon pote, je te paierais un coup de cidre, ou de rouge... Ou de n'importe quoi qui tâche le pif, très vite, sans qu'on se ruine...
Comme au bistrot...
Alors ouais, tu veux bien? Tiens, bois... Oublie...
(Si tu me payes un verre - Serge Reggiani paroles de Bernard Dimey... pour acheter la chanson)
23:00 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
12.07.2006
A Rose...
À toi, ma lectrice silencieuse, qui face à la débandade estivale de nombreux bloggueurs -qui leur jetterait la pierre devant ce soleil radieux et la promesse des vacances à venir?- a eu la gentillesse de me laisser l'autre soir un petit commentaire... Commentaire signé Rose... Rose... Rose, Rose...
Moi, si on me dit Rose, je pense aussitôt à un poème de Victor Hugo... mis en musique et chanté par notre ami Julos... Et tu vois, là, rien qu'à l'écrire, j'entends sa voix douce qui commence:
Je ne songeais pas à Rose,
Rose au bois vint avec moi;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.
Si tu m'avais dit Françoise, c'était Bobby Lapointe qui surgissait...
Elle s'appelait Françoise,
Mais on l'appelait Framboise,
Une idée de l'adjudant,
Qu'en avait très peu pourtant
Des idées.
Pour tout dire, c'est complètement imbécile et ridicule, tout au plus une sale manie, d'associer des chansons à des événements, dramatiques ou dérisoires, de ma vie, à des personnes ou à des lieux aussi, à des histoires d'amour-toujours ou d'amour-peut-être ou d'amour-jamais... Une façon d'accomoder mon passé à la mode Pavlovienne, sur trois p'tites notes de musique...
Petites ritournelles de rien du tout, si proches de nous qu'elles nous aident à vivre, dans le chagrin ou dans l'espoir: elles prennent le pouvoir l'air de rien et tournicottent, tournicottent, tournicottent dans notre tête sans qu'on le veuille vraiment... Mais on les laisse tournicotter puisqu'elles sont là pour çà, et qu'elles ne savent faire que cela, vivre cette espèce de vie propre qu'ont les mots en musique...
Et si ces petites ritournelles avaient une importance plus grande qu'on ne veut bien le dire... Peut-être nous soufflent-elles discrètement quelque chose qu'on ne veut pas entendre, un bonheur oublié... La la la la la la...
Ah Rose, combien de fois l'ai-je écoutée cette chanson... sans la comprendre vraiment... La première fois que j'ai croisé son chemin, sans doute sous le saphir de mon vieux tourne-disque d'adolescent, elle m'est apparue insignifiante et anodine.
Jusqu'à ce que je réalise, avec l'âge, que c'est parfois l'anodin qui est le plus important: ici la fin de la chanson... juste la fin posée comme une tristesse douce et terrible...
Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
"Soit ; n'y pensons plus!" dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.
Soit, n'y pensons plus... Ecoutons la chanson...
(acheter le disque, un des plus fabuleux à mon sens de Julos Beaucarne)
13:30 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
21.06.2006
Fête de la musique
L'année prochaine, je chante, c'est promis, juré, craché! Ce soir, j'ai la flemme, et puis à Rouen, passées 23 heures, ça bastonne dans les rues. Vous avez compris que j'ai passé l'âge de ce type d'équipée nocturne, qui ne m'amuse que très modérément, il faut dire!
Alors, voici ma contribution de rien du tout à la fête, ce petit morceau de derrière les fagots, une vieillerie extraordinaire. De saison. De toutes les saisons, oserais-je dire... Euh les experts, c'est qui, c'est quoi?
Je dédie cette petite chansonnette plus particulièrement à Madin, qui s'y reconnaîtra. Il en a déjà causé dans son blog, à l'heure glorieuse où ce dernier était ouvert!
Point n'est besoin qu'il me laisse un message, je crois que j'ai son numéro de téléphone télépathique. Très pratique. Enfin il peut au cas où. Ou pas, comme dirait Joye.
Ainsi va la vie.
Bonne fête de la musique, quand même, à ceusses qui débloguent, et à ceusses qui débloguent pas, fidèles au poste!
20:50 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (27) | Envoyer cette note | Tags : fête de la musique
18.04.2006
Volveran las oscuras golondrinas...
C'est le printemps, j'ai vu hier une hirondelle, et aujourd'hui, une autre sur le blog de Veuve Tarquine.
J'aime les hirondelles, parce qu'elles voyagent. La preuve. Même sur les blogs.
J'aime les hirondelles parce qu'elles reviennent. J'aime quand on revient après un long voyage. Il faut réapprendre les habitudes anciennes, comme si tout était à réinventer.
Je préfère les "golondrinas" espagnoles aux hirondelles françaises: golondrinas... Et quand elles sont "oscuras", çà vous pose la nostalgie, avec des relents de douce souffrance et de regret...
Nostalgie qui se ravive avec la voix de Paco Ibanez, sur ce beau et triste poème espagnol du 19e siècle.
CD Por una cancion, de Paco Ibanez
Volveran las oscuras golondrinas
en tu balcon sus nidos a colgar,
y otra vez con el ala en sus cristales,
jugando llamaran
pero aquéllas que el vuelo refrenaban
tu hermosura y mi dicha al contemplar;
aquéllas que aprendieron nuestros nombres,
ésas… no volveran!
(Les sombres hirondelles reviendront
suspendre leurs nids à ton balcon,
et de nouveau en jouant, elles frapperont
de l'aile à ses vitres
mais celles-là qui ralentissaient leur vol
en contemplant ta beauté et mon bonheur,
celles-là qui apprirent nos noms,
celles-là ne reviendront pas!)
Gustavo. A Bécquer (in Rimas)
20:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note



