23.03.2007
Etre heureux
Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Jacques Prévert
23:03 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
13.03.2007
Payer l'air
L'air est devenu payant... c'est ce que j'ai appris l'autre soir en allant gonfler mon vélo à la station service...
Bon d'accord, c'est pour l'air que l'on met dans les pneus... Mais enfin? Payer de l'air, fut-il comprimé, vous vous rendez compte?
- Dites donc mais vous êtes gonflé, vous! ai-je dit au patron, peu aimable derrière son comptoir...
- Oui, mais pas vos roues... a-t-il rétorqué, l'air louche.
- Ah ma parole, Vous ne manquez pas d'air!
- Non et c'est même pour cela qu'on le vend.
Argh!

Il me gonflait le sale type, pour pas un rond... mais pas mon pneu!
Mais le corps à corps mâle et sauvage, exténuant, dans mon garage, avec la petite pompe de mon vélo, pour avoir un pneu mou misérablement gonflé, ce n'est plus de mon âge!
Alors j'ai cédé et j'ai gonflé mes roues, pour 50 centimes d'euros. Allez, vive la pompe de la station-service!
Cinquante centimes... Le prix d'une baguette quasiment, pour trois fois rien d'air... Pfuittt dans le pneu, fini...
L'air de rien, j'en ai mis un peu plus, je l'avoue aujourd'hui, qu'il n'aurait fallu...
J'ai mis un peu d'air de côté quoi, pour la prochaine crevaison.
En attendant, j'ai des roues, rebondies comme des baudruches... Je crains l'explosion généralisée au moindre soubresaut...
Ma façon à moi d'être gonflé et de ne pas manquer d'air!
14:55 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
15.01.2007
Tempus fugit
Je regarde avec inquiétude le sablier s'écouler...

...le temps qui passe, le temps qui fuit, qui s'enfuit, qui me coule entre les doigts, comme une poignée de sable fin dont je voudrais retenir chaque grain.
Croyant avoir le temps, je me rends compte tout doucement que c'est le temps qui m'a!
Time is not money! Il est encore plus précieux, il est la fibre dont se construit nos vies, l'espoir de demain dans mon coeur, la nostalgie d'hier et des rires d'autrefois. Il est l'oubli et la mémoire, l'inexorable et le futile.
Le temps m'emporte, me soulève, me traine seconde par seconde, vers ce là-bas où je finirais moi-même par me dissoudre et me perdre.
Attaqué par les secondes, les minutes, les heures, les jours et je résiste aux embruns de Chronos, qui petit à petit me rendent vieux, comme la mer, goutte après goutte, vague après vague, vent après vent, polit les galets de la plage.
Avec la patience implacable et froide de ceux qui ont vraiment le temps d'attendre.
19:40 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
05.01.2007
Des fêtes
Ce matin, j'ai vu un sapin de Noël, échoué sur sur un trottoir, comme fichu à la porte malproprement de la maison qu'il a illuminé pendant quelques jours, portant sur ses branches dégarnies toute la misère des sapins de noël en janvier et la tristesse des fêtes qui s'achèvent.
M'est avis, mais j'dis ça comme ça, qu'on ferait mieux de les laisser plantés les sapins de Noël!
Aujourd'hui je me sens un peu comme lui, ce pauvre petit sapin de Noël de rien du tout!
La gueule de bois, oui, la sensation bizarre qu'il ne se passe plus rien et qu'on remballe tout comme après une catastrophe.
On doit presque s'excuser de se retrouver dans les rue avec un sourire aux lèvres et le coup de pédale vigoureux: cela ne sied pas à l'après-fête.
Quant aux magasins... Fermés pour cause d'inventaire, of course... Il faut bien compter ses sous... Enfin les sous de ceux qui en ont, pas tout le monde... Puisque l'horizon ultime de notre société, la trinité libérale, c'est bien le flouze, la consommation et la croissance...
Et j'entends derrière les rideaux baissés le doux bruit des tiroirs caisses qui s'ouvrent et des calculatrices qui additionnent et je devine les mains avides qui comptent les billets. Pourvu que l'on ait au moins payé comme il se doit, j'en doute, ceux à qui on a demandé de travailler le dimanche!
Allez, je me dis que du haut de sa croix, le petit Jésus, qui n'existe pas dieu merci - ce n'est pas parce que j'en parle que cela va arriver, heureusement!-, contemple tout cela avec une tristesse infinie!
Poème de Jean-Pierre Rosnay, que les lecteurs fidèle de ce blog se rappelleront avoir vu ici en mars dernier... Quitte à parler du Christ, je préfère largement à cette sauce impie...
Intimité du Christ
Jésus se fait deux oeufs sur le plat. Il n'est pas coiffé, pas rasé, pieds nus il a laissé sa croix dans un coin. Aussitôt qu'il a un moment, il dessine des enfants, des enfants, des enfants. Parfois, il lit les journaux et hausse les épaules. Ce que l'on colporte sur son compte l'irrite, accentue sa fièvre.
Jésus répare sa bicyclette, il doit aller livrer du poisson, il y a une éternité qu'il n'a pas eu le temps de téléphoner à sa mère. La dernière fois qu'il l'a vue, c'était au Golgotha, peu avant son décès. Il a des fins de siècles difficiles.
Gardien des eaux et des forêts de l'âme, il va, il va, opiniâtre, friand d'innocence. Les pauvres le rassemblent, il a toujours un visage pour les vaincus. Il évite les cathédrales comme la peste, il fait un grand détour à cause d'un rendez-vous qu'il a dans les yeux d'un aveugle. Tout à l'heure il se fondra à nouveau dans la foule, puis, après avoir escorté des révolutionnaires qui se déplacent nuitamment, par prudence, il recommencera à dessiner des enfants, des enfants si petits qu'il faut une loupe ou un coeur de mère pour les voir.
Je le salue distraitement, car il n'apprécie guère les démonstrations, car il doute, car il est mon ami. Je prends congé, je me rejoins dans ma vie si provisoire, si bâclée, si chaotique, que je n'y aurai pris, à vrai dire, qu'un intérêt limité.
Jean-Pierre Rosnay
21:50 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
10.12.2006
Fiat lux
On pense en rond sous le couvercle nuageux.
Moi qui aime porter mon regard plus loin que la grisaille des jours, j'ai été ennuagé ces dernières semaines, commme l'est ma ville.
Ennuagé, embruiné et embrumé, du matin au soir, jour après jour, sans même la récompense des étoiles la nuit juste pour se rappeler que les problèmes des hommes devraient être dérisoires.
J'aime bien les étoiles et le soleil. Je n'oublie pas que c'est par leur contemplation que la pensée libre est née, en s'affranchissant de Dieu.
De ne plus les voir, j'ai l'impression d'être en prison.
Revanche de ce dimanche après-midi frileux: admirez ce déluge de lumière, dans mon salon. Le soleil est bas sur l'horizon, et s'invite presque tout entier dans ma maison.
Soleil frisquet, mais éclatant, vainqueur; lumière d'hiver mais flamboyante et rasante, sous des angles inhabituels.
Ohé Evariste, j'suis là, dit mon pote le soleil!

21:05 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
03.12.2006
Noël
Bientôt Noël...
... les boules !

23:21 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note
Mon trésor
(Reçu l'autre jour dans mes mails... de quoi en tout cas diminuer fortement le train de vie de l'état!)
Monsieur l'agent du Trésor Public,
Mon colis a pu vous étonner au départ. Alors voilà quelques explications. Je vous joins à cette lettre une photocopie de l'article du Nouvel Observateur intitulé "Les vraies dépenses de l'Etat". Vous noterez que dans le quatrième paragraphe, il est précisé que l'Elysée a l'habitude de payer des brouettes 5200 francs pièce. Par ailleurs, un très intéressant article du Canard Enchaîné dont la bonne foi est bien connue (copie également jointe), rapporte que le prix des sièges WC du
nouveau Ministère des Finances est de 2 750 francs pièce. Vous devant la somme exacte de 13 216 francs pour l'année fiscale qui s'achève, je vous adresse donc dans ce colis quatre siège WC neufs et cinq marteaux, le tout représentant une valeur de 13 750 francs.
Je vous engage par ailleurs à conserver le trop perçu pour vos bonnes oeuvres ou bien d'utiliser les 434 francs restant pour acheter un tournevis supplémentaire à notre Président de la République (voir article "Les vraies dépenses de l'Etat").
Ce fut un plaisir de payer mes impôts cette année. N'hésitez pas à l'avenir à me communiquer la liste des tarifs usuels pratiqués par les principaux fournisseurs de l'Etat.
Signé J.O., un contribuable heureux.

23:05 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
28.11.2006
Aragon?
J'ai chopé cette phrase au vol, l'autre soir à la télé... Elle traine sur un vague bout de papier, écrite à la v'la comme j'te pousse avec un crayon mal taillé. Encore quelque jour, et je l'aurai complètement perdue, ordonné comme je suis. Alors je la mets ici, une façon de la ranger... et de vous en faire profiter!
Aragon, paraît-il... La foule immense où l'homme est un ami, cela me plaît bien. Voilà un regard sur les autres, et sur la multitude, qu'il faudrait plus souvent porter, à l'heure notamment du repli frileux sarkozyen derrière les frontières.
Si quelque lecteur égaré ici, connu ou inconnu, en savait plus sur cette phrase qu'il se manifeste: il aurait toute ma gratitude!
Que l'on croit au Ciel ou que l'on n'y croit pas, il faut défendre la foule immense où l'homme est un ami. Louis Aragon ?
23:05 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : Aragon
Développement décimaux de rationnels
Il ne va pas se passer grand chose dans la douce ouateur humide qui plane sur Rouen.
Nuages gris, petite pluie fine et discrète, comme pour ne pas trop déranger... Pas de vent. Jour à peine levé, prêt à se recoucher comme s'il était patraque...
Même les voitures roulent plus doucement dans le silence de cette journée de novembre.
Il faudrait donc qu'il se passe plein de choses dans ma tête alors...
Facile à dire quand je tourne en rond chez moi!
Bon allez j'attaque les développements décimaux de rationnels...
... vous savez, le truc qui dit
1/7=0,142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 142857 ...
A demain!
10:42 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
26.11.2006
Philippe Noiret
Mais où sont-ils partis, ceux de l'autre côté? Philippe Noiret, l'autre jeudi... Après Piéplu, et Devos...
Chaque jour un peu plus orphelins, nous, les vivants, ceux du "bon" côté, nous restons sur le pont, une moitié de nous dépositaire d'un passé extraordinaire et l'autre tournée vers l'avenir et les enfants...
C'est comme cela qu'il faut vieillir paraît-il...
L'avenir et les enfants...
Pour eux, vous serez encore vivants, à travers nous. Longtemps.
Mieux.
Pour eux, nous essaierons de prendre la relève et nous vivrons avec espoir. Nous leur dirons la chance de vous avoir croisé.
Pour eux, nous serons des Alexandre le Bienheureux, plutôt que des Ripoux.
Pour eux, nous essaierons d'être formidables comme vous l'avez été.
Tant pis si c'est difficile... Tant mieux si c'est difficile...
La vie et rien d'autre, quoi...
La vie et rien d'autre!
Au revoir, m'sieur Noiret!
21:32 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Noiret


