« 2006-06 | Page d'accueil | 2006-08 »

31.07.2006

Quand je vais "au" coiffeur...

Me voilà rajeuni, l'air propret et vaguement enfantin des quadragénaires fringants qui sortent de chez le coiffeur... Le sommet de mon crâne est maintenant aéré... A nous deux Rome, et ses températures caniculaires...

Ma tignasse longuasse et quelque peu ébouriffée des dernières semaines, faite d'épis rebelles au peigne et à la brosse, et qui me donnait vaguement l'air du "yéti là-haut" dans Tintin au Tibet, a été raccourcie sous les doigts experts de ma jeune et jolie coiffeuse... 

Enfin pas tout à fait, pour être exact... Jeune et jolie, oui, j'en conviens d'autant plus qu'elles le sont toutes dans ce salon du centre ville... Raccourcie, oui, pour le moins... C'est les doigts experts qui ne vont pas car la demoiselle fut fébrile, avec des gestes brusques et imprévisibles...

medium_ciseaux.gif

Et voir une demoiselle fébrile, fût-elle jolie, armée jusqu'aux dents des armes tranchantes du barbier, ciseaux pointus de toutes tailles, tondeuses mécaniques et rasoirs affutés à l'extrème -les vrais rasoirs d'antan, propres à transformer votre oreille en  carpaccio en deux temps trois mouvements- a de quoi inquiéter le plus placide des clients, en transformant sa paisible séance de tripotage de crâne en partie de cache-cache terrible avec un rasoir vengeur et imprévisible...

D'autant que j'ai senti cette demoiselle animée d'une volonté farouche et indéracinable de me raccourcir le poil vaille que vaille en faisant place nette tout autour à grand coups de rasoirs, gare à ce qui dépasse!

medium_Rasoir.gif

Pourquoi moi? ... saint Louis -patron des coiffeurs ;o)-, priez pour moi!
 
Bref, je me suis tenu à carreau... et à mon fauteuil! Pas de geste brusque ou de mouvement de tête impromptu sous le bras imprécis, et armé, de ma coiffeuse... Me sentant comme le condamné à dix minutes de la guillotine, j'ai prêté une attention beaucoup plus soutenue que d'ordinaire à la conversation capillaire, et insipide, de la jeune fille... Histoire de la distraire, et de la calmer... Manquerait plus qu'elle s'énerve pour de vrai!

J'ai répondu à la miss stressée sinon avec passion, du moins avec conviction, en ayant l'impression de distraire un serial killer en jupon voulant ma peau pour retarder le plus possible l'échéance fatale.

De quand date la dernière coupe... Mars, ou février, oui, oui, je sais, ils sont longs mais ils poussent vite...
Ah bah ils en avaient bien besoin... oui et c'est même pour cela que je viens...
Il fait chaud... ah vous trouvez, non, non on est vraiment très bien...
Vous partez où en vacances... Non j'en reviens mais je repars bientôt... etc.  etc. etc. etc. etc.
Et la moustache?... Ah non, mademoiselle, ne touchez surtout pas à la moustache! Personne ne touche à ma moustache, même pas moi! Merci beaucoup, cela ira comme çà!

Ce fut sa dernière question... Je me suis relevé victorieux, comme un condamné à mort grâcié aux dernières secondes...

Si j'avais eu 20 ou 30 ans de moins, j'aurais peut-être eu la faiblesse de croire que j'étais la cause de son émotion. En fait, la demoiselle était en retard dans son travail et sa patronne l'avait vertement tancée... Moi qui m'étais imaginé, allez savoir pourquoi, que la "séance de capilliculture et tripotage de crâne" était épargnée par le capitalisme triomphant: catastrophe, la rentabilité a aussi envahi la coiffure et j'ai failli être immolé sur l'autel de l'argent pour rendement insuffisant.

Pauvre petite jeune fille! Si en plus elle tient un blog, comme la petite anglaise, pour expliquer comment elle expédie les vieux croutons comme moi, je suis sûr que sa patronne la virera...

Allez, je crois quand même que je vais changer de coiffeur, non? Enfin, d'ici qu'ils repoussent...

22.07.2006

Reflet

Honfleur dans un reflet, là au bout de la main.
La vie aussi, reflet du souvenir et du désir,
Des colères et des envies,
Insaisissable et proche.
Cueillir les vacances et le repos,
S'y subdiviser jusqu'à l'oubli
Et s'y reconstruire
comme l'eau reconstruit l'image de ma mémoire.

medium_honfleur.JPG

Cap au vert, capitaine!

A bientôt!

La petite anglaise 2

Au dela du remous blogguesque sur l'affaire de la petite anglaise, la question est bien de savoir, comme pour Garfieldd, ce qu'est sur les blogs la liberté d'expression... Et avec elle, la liberté de penser, pour ne pas dire la liberté d'être tout simplement!

Une nouvelle parole émerge depuis quelques années, celle des blogs, une parole libre, sans contrainte, comme un vent du large qui souffle partout sur internet... On écrit comme jamais on a écrit par le passé... On dit, on publie, et on (re)découvre avec stupeur, ou émerveillement, l'incroyable pouvoir des mots. Ah la belle affaire vraiment... La société, y compris les entreprises, n'a-t-elle pas tout à gagner de cette nouvelle liberté, de ce sang neuf?

Entendons-nous bien: je trouve normal que la diffamation sur les blogs soit punie comme elle l'est dans la presse par exemple et dans ce qui suit, je ne voudrais surtout pas avoir l'air de couvrir le n'importe-quoi qui sévit chez quelques-uns de nos collègues. Il me paraît sain d'être pleinement responsable de tout ce qu'on écrit.

Non, je parle d'une parole libre et citoyenne, une parole pertinente qu'on doit prendre en compte, une parole intelligente qui peut parfois froisser par les vérités qu'elle énonce, la parole de Garfieldd en son temps, ou de la petite anglaise aujourd'hui.

Mais, et c'est là où le bât blesse, une parole qui a une audience, pour peu que le bloggueur ait un petit talent littéraire et une relative liberté de ton... Serait-on à ce point anesthésié par la langue de bois pour qu'une telle parole indispose?

Or qu'a-t-on opposé à ces paroles libres et flamboyantes? On les a bafouées, ignorées, piétinées. On a suspendu Garfieldd, et on vire la petite anglaise, purement et simplement. Ce qui est pour moi un crime contre l'intelligence, l'expression d'une vengeance sordide et l'affirmation d'un abus de pouvoir quasi-féodal, où l'employé est nié dans ce qu'il est.

A défaut de pouvoir verrouiller les esprits (ce n'est pas faute d'avoir tenté), on verrouille les blogs de la façon la plus totalitaire qui soit.

C'est contre ceci que je m'élève: car enfin, dans nos belles démocraties du 21e siècle, si promptes à donner des leçons, faudrait-il donc se cacher pour dire la vérité?

21.07.2006

La petite anglaise contre Dixon-Wilson

Une petite anglaise a été licenciée de son entreprise, Dixon Wilson, parce qu'elle tenait un blog. 

Tenir un blog, écrire, et quoi encore? Et pourquoi pas penser pendant que vous y êtes? Ou avoir des idées?

Non mais! Il ne manquerait plus que cela!  Vous n'y êtes pas!

Dans les entreprises, on n'est pas là pour la fantaisie et le verbiage, on produit et on fait du fric. Ceux qui sortent du cadre, même dans leurs loisirs, on les vire comme des malpropres. Pas de temps à perdre dans les choses vaines et stupides... Point à la ligne et silence dans les rangs! Vos gueules dans les blogs!

Espèce de poètes, pendant que vous délirez, nous on construit le monde de demain...

Désolé, M'sieur, moi je ne veux pas de ce monde de demain là... Courage à la petite anglaise! Merci à Veuve Tarquine et à Maître Eolas pour cette information. Qu'elle continue à circuler, puisque c'est le seul pouvoir des blogs! Je ne suis pas loin de croire, puissions-nous le prouver à Dixon Wilson, que c'est un pouvoir bien plus important, bien plus essentiel que le misérable pouvoir du fric!

 Décidément quel été moche!

La chasse à l'enfant...

Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan !
Qu'est-ce que c'est que ces hurlements
Bandit ! Voyou ! Voyou ! Chenapan !
C'est la meute des honnêtes gens
Qui fait la chasse à l'enfant
Jacques Prévert

La chasse à l'enfant a commencé... L'odieuse chasse!
Alors que la canicule occupe tous les jours une bonne moitié du journal télévisé, personne ne nous prévient de l'ouverture de la chasse... aux enfants.

Buvez un litre d'eau par jour, bonnes gens, mettez-vous bien à l'ombre, fermez fenêtres et volets... Pendant ce temps, la France des Droits de l'Homme expulse en silence des enfants et des jeunes adultes, comme on dégomme les canards.

Il faut le dire, le faire savoir, le crier sur les toits... Des hommes dans ce gouvernement sont capables d'une telle politique... Qu'une clameur marque la désapprobation des citoyens de ce pays!
Après le lycéen Abdallah, au tour d'Aminata, 19 ans... Qui est le suivant?

Reste aussi le cas de Mohamed et Aïssata (voir le mail ci-dessous)... Le silence, vous le savez, est parfois assourdissant: c'est pourquoi j'en suis convaincu vous signerez la pétition... 

Quel été moche!

Bonjour
Il y a peu, vous avez signé la pétition de soutien à Mariam, Mohamed et Aïssata SYLLA.
Aujourd'hui, en plein coeur de l'été et des vacances, NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE.
Vous savez que Mariam Sylla remplit toute les conditions de la circulaire Sarkozy pour être régularisée.
SAUF qu'après l'annulation de son expulsion au Mali, l'Etat français lui a donné un visa de trois mois pour pouvoir rentrer en France.
A CAUSE DE CE VISA, Mariam n'est plus "sans papiers" jusqu'au 30 août. ON LUI REFUSE DONC LE BENEFICE DE LA CIRCULAIRE  !
Le 13 août, la circulaire devient caduque... A la fin de son visa, Mariam ne pourra donc pas prétendre  à une régularisation !
De notre côté, nous tentons d'en appeler à Arno Klarsfeld.
Du vôtre, s'il vous plaît, prenez quelques minutes pour trouver d'autres signataires. Vous êtes aujourd'hui 2098. Il faut doubler, tripler ce nombre. Il suffit pour cela que chacun d'entre vous trouve deux ou trois signataires de plus. Vous pouvez entrer leur nom à partir de votre adresse email.
Pour signer, il suffit de vous rendre sur le blog de soutien à Mariam et ses enfants.
Au nom de Mohamed et Aïssata,MERCI.
Collectif AISSATA

16.07.2006

Parenthèse estivale...

Appel du large et des vacances... Comme un oiseau migrateur, je vais aller sous des cieux plus bleus que ceux de ma Normandie natale... En gardant avec moi un bout de mon coeur sous les pommiers...

Je vais partir, et puis revenir, et puis repartir... Mais je reviendrai! Vous comprendrez que l'apparition des notes sur mon blog va prendre un caractère plus aléatoire: non par paresse, mais à cause du nomadisme estival qui va bousculer le sédentaire que je suis...

Première halte, pour les quelques jours à venir: le sud... de la Normandie -l'eure quoi-, ma maman en fait, puis Honfleur... Un vieux rêve: une nuit dans un hôtel qui donne sur le port... Et puis Rome, et puis la Bourgogne en vélo...

Entre deux, je serai chez moi...

Si je peux vous faire coucou d'où je serai, je n'y manquerais pas: un ordinateur, même ancien, dans une arrière boutique, une connexion internet antique, suffirait...

Si je ne peux pas, sachez que je pense à vous...

Bises toutes pleines de l'idée des vacances... A bientôt!

14.07.2006

14 juillet!

Le jour du quatorze juillet,

Je reste dans mon lit douillet,

La musique qui marche au pas,

Cela ne me regarde pas...                           ;o)

13.07.2006

"Un moment de la conscience humaine..."

En portant ces accusations, je n'ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c'est volontairement que je m'expose.
Quant aux gens que j'accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n'ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l'acte que j'accomplis ici n'est qu'un moyen révolutionnaire pour hâter l'explosion de la vérité et de la justice.
Je n'ai qu'une passion, celle de la lumière, au nom de l'humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n'est que le cri de mon âme. Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour ! J'attends.
Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect.
Émile Zola , 13 janvier 1898, les dernièrs paragraphes de J'accuse

medium_jaccuse2.2.jpg 

Dreyfus est innocent, je le jure.
J’y engage ma vie, j’y engage mon honneur.
A cette heure solennelle, devant ce tribunal qui représente la justice  humaine, devant vous, messieurs les jurés, qui êtes l'émanation même de toute la nation, devant toute la France, devant le monde entier, je jure que Dreyfus est innocent.
Et par mes quarantes années de travail, par l'autorité que ce labeur a pu me donner, je jure que Dreyfus est innocent.
Et par tout ce que j’ai conquis, par le nom que je me suis fait, par mes œuvres qui ont aidé à l’expansion des lettres françaises, je jure que Dreyfus est innocent.Que tout cela croule, que mes œuvres périssent si Dreyfus n’est pas innocent! Il est innocent.
Tout semble être contre moi, les deux Chambres, le pouvoir civil, le pouvoir militaire, les journaux à grand tirage, l'opinion publique qu'ils ont empoisonnée. Et je n'ai pour moi que l'idée d'un idéal de vérité et de justice. Et je suis bien tranquille, je vaincrai. Je n'ai pas voulu que mon pays restât dans le mensonge et dans l'injustice. On peut me frapper ici. Un jour, la France me remerciera d'avoir aidé à sauver son honneur.
Emile Zola, fin de la déclaration au jury lors de son procès en diffamation, en février 1898

29 septembre 1902 : mort d'Emile Zola, asphyxié par la cheminée de sa chambre qui tirait mal... Accident? Les historiens penchent maintenant très nettement pour la thèse de l'attentat.

12 juillet 1906: réhabilitation du capitaine Dreyfus. Il y a eu un siècle tout juste hier. Un peu oublié des informations, monsieur Zola... Or Dreyfus sans Zola serait sûrement mort au bagne.

Chapeau bas donc à Emile Zola, petit monsieur à lunettes, plutôt timide, détestant la foule. Alors qu'il rêvait des honneurs et de la gloire de l'académie française et d'une vie paisible et bourgeoise -lui qui a tant fait coulé d'encre, tant provoqué de scandales avec ses romans- l'immense écrivain n'a pas supporté que l'injustice conduise un innocent à croupir au bagne. Il s'est jeté corps et âme dans le combat, au point d'en perdre sans doute la vie...

Alors, voilà, moi, le petit prof de maths du 21e siècle, j'avais simplement envie aujourd'hui de lui dire merci.

Je ne sais pas si ça se fait. Bon je le fais quoi!

Merci M'sieur Zola!

12.07.2006

A Rose...

À toi, ma lectrice silencieuse, qui face à la débandade estivale de nombreux bloggueurs -qui leur jetterait la pierre devant ce soleil radieux et la promesse des vacances à venir?- a eu la gentillesse de me laisser l'autre soir un petit commentaire...  Commentaire signé Rose... Rose... Rose, Rose... 

Moi, si on me dit Rose, je pense aussitôt à un poème de Victor Hugo... mis en musique et chanté par notre ami Julos... Et tu vois, là, rien qu'à l'écrire, j'entends sa voix douce qui commence:

Je ne songeais pas à Rose,
Rose au bois vint avec moi;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

Si tu m'avais dit Françoise, c'était Bobby Lapointe qui surgissait...

Elle s'appelait Françoise, 
Mais on l'appelait Framboise,
Une idée de l'adjudant,
Qu'en avait très peu pourtant
Des idées. 

Pour tout dire, c'est complètement imbécile et ridicule, tout au plus une sale manie, d'associer des chansons à des événements, dramatiques ou dérisoires, de ma vie, à des personnes ou à des lieux aussi, à des histoires d'amour-toujours ou d'amour-peut-être ou d'amour-jamais... Une façon d'accomoder mon passé à la mode Pavlovienne, sur trois p'tites notes de musique...

Petites ritournelles de rien du tout, si proches de nous qu'elles nous aident à vivre, dans le chagrin ou dans l'espoir: elles prennent le pouvoir l'air de rien et tournicottent, tournicottent, tournicottent dans notre tête sans qu'on le veuille vraiment... Mais on les laisse tournicotter puisqu'elles sont là pour çà, et qu'elles ne savent faire que cela, vivre cette espèce de vie propre qu'ont les mots en musique...

Et si ces petites ritournelles avaient une importance plus grande qu'on ne veut bien le dire...  Peut-être nous soufflent-elles discrètement quelque chose qu'on ne veut pas entendre, un bonheur oublié... La la la la la la...

Ah Rose, combien de fois l'ai-je écoutée cette chanson... sans la comprendre vraiment... La première fois que j'ai croisé son chemin, sans doute sous le saphir de mon vieux tourne-disque d'adolescent, elle m'est apparue insignifiante et anodine.

Jusqu'à ce que je réalise, avec l'âge, que c'est parfois l'anodin qui est le plus important: ici la fin de la chanson... juste la fin posée comme une tristesse douce et terrible...

Je ne vis qu'elle était belle
Qu'en sortant des grands bois sourds.
"Soit ; n'y pensons plus!" dit-elle.
Depuis, j'y pense toujours.

Soit, n'y pensons plus... Ecoutons la chanson...

podcast

(acheter le disque, un des plus fabuleux à mon sens de Julos Beaucarne)

09.07.2006

Fou de balle

Mercredi soir, terrasse parisienne, Denfert Rocheteau, Rochereau pardon...

Avec un pote...

On a choisi un restaurant sans Makelélé... sans télé... Condition impérative!

Pas de télé... et pas de clients... Terrasse déserte quoi... Ni un Pelé, ni un tondu à l'horizon... Le pied, le foot quoi, et sans ball...

A Paris, début Juillet est-ce possible ?  t'interroges-tu, perplexe, cher lecteur. Mais Thuram, enfin tu rames, faut-il rappeler que ce soir là, c'était la demi-finale! Est-il besoin d'en dire plus!

Plus de serveurs que de clients, donc... Et on s'entend parler, dans un silence... campagnard, comme si l'on déjeunait, je sais pas moi à l'Auberge du Cheval Blanc à Trifouilly les Oies, au milieu des vertes prairies et des vaches qui paissent (remarquez que les vaches toujours paissent dans les prairies)...

Sauf que... Qui vivra Vieira...

Trois bars plus haut dans la même rue piétonne, un écran plasma géant dans une gargotte... les supporters déboulent... on finit à peine nos apéros...

La vague bruyante et vociférante envahit la petite rue...

Deux bars derrière, des portugais, enfin au moins le patron, et sans doute tous ses copains du quartier.

La rencontre commence, vers 21 heures... On ne s'entend plus, à moins de hurler... Rien à faire, nous n'avons pu que suivre le match, contraints et forcés, en estimant à l'oreille les cris rageurs ou victorieux des uns ou les hurlements de désespoir des autres...

1-0 pour la France, juste après le dessert... Belle soirée de Gallas...

De dépit, nous sommes montés dans la chambre d'hôtel du pote, et on a rincé nos Abidal en partageant Sagnol, sa gnôle des Landes...

Mais tout ceci ne durera pas aussi longtemps que les impôts... On ne voit même plus la misère et les accidents à la télé... Si ça se trouve, Villepin a remis le CPE, et on ne le sait pas! Non mais alors!

Ribéri qui rira le dernier!

Toutes les notes