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31.07.2006
Quand je vais "au" coiffeur...
Me voilà rajeuni, l'air propret et vaguement enfantin des quadragénaires fringants qui sortent de chez le coiffeur... Le sommet de mon crâne est maintenant aéré... A nous deux Rome, et ses températures caniculaires...
Ma tignasse longuasse et quelque peu ébouriffée des dernières semaines, faite d'épis rebelles au peigne et à la brosse, et qui me donnait vaguement l'air du "yéti là-haut" dans Tintin au Tibet, a été raccourcie sous les doigts experts de ma jeune et jolie coiffeuse...
Enfin pas tout à fait, pour être exact... Jeune et jolie, oui, j'en conviens d'autant plus qu'elles le sont toutes dans ce salon du centre ville... Raccourcie, oui, pour le moins... C'est les doigts experts qui ne vont pas car la demoiselle fut fébrile, avec des gestes brusques et imprévisibles...

Et voir une demoiselle fébrile, fût-elle jolie, armée jusqu'aux dents des armes tranchantes du barbier, ciseaux pointus de toutes tailles, tondeuses mécaniques et rasoirs affutés à l'extrème -les vrais rasoirs d'antan, propres à transformer votre oreille en carpaccio en deux temps trois mouvements- a de quoi inquiéter le plus placide des clients, en transformant sa paisible séance de tripotage de crâne en partie de cache-cache terrible avec un rasoir vengeur et imprévisible...
D'autant que j'ai senti cette demoiselle animée d'une volonté farouche et indéracinable de me raccourcir le poil vaille que vaille en faisant place nette tout autour à grand coups de rasoirs, gare à ce qui dépasse!

Pourquoi moi? ... saint Louis -patron des coiffeurs ;o)-, priez pour moi!
Bref, je me suis tenu à carreau... et à mon fauteuil! Pas de geste brusque ou de mouvement de tête impromptu sous le bras imprécis, et armé, de ma coiffeuse... Me sentant comme le condamné à dix minutes de la guillotine, j'ai prêté une attention beaucoup plus soutenue que d'ordinaire à la conversation capillaire, et insipide, de la jeune fille... Histoire de la distraire, et de la calmer... Manquerait plus qu'elle s'énerve pour de vrai!
J'ai répondu à la miss stressée sinon avec passion, du moins avec conviction, en ayant l'impression de distraire un serial killer en jupon voulant ma peau pour retarder le plus possible l'échéance fatale.
De quand date la dernière coupe... Mars, ou février, oui, oui, je sais, ils sont longs mais ils poussent vite...
Ah bah ils en avaient bien besoin... oui et c'est même pour cela que je viens...
Il fait chaud... ah vous trouvez, non, non on est vraiment très bien...
Vous partez où en vacances... Non j'en reviens mais je repars bientôt... etc. etc. etc. etc. etc.
Et la moustache?... Ah non, mademoiselle, ne touchez surtout pas à la moustache! Personne ne touche à ma moustache, même pas moi! Merci beaucoup, cela ira comme çà!
Ce fut sa dernière question... Je me suis relevé victorieux, comme un condamné à mort grâcié aux dernières secondes...
Si j'avais eu 20 ou 30 ans de moins, j'aurais peut-être eu la faiblesse de croire que j'étais la cause de son émotion. En fait, la demoiselle était en retard dans son travail et sa patronne l'avait vertement tancée... Moi qui m'étais imaginé, allez savoir pourquoi, que la "séance de capilliculture et tripotage de crâne" était épargnée par le capitalisme triomphant: catastrophe, la rentabilité a aussi envahi la coiffure et j'ai failli être immolé sur l'autel de l'argent pour rendement insuffisant.
Pauvre petite jeune fille! Si en plus elle tient un blog, comme la petite anglaise, pour expliquer comment elle expédie les vieux croutons comme moi, je suis sûr que sa patronne la virera...
Allez, je crois quand même que je vais changer de coiffeur, non? Enfin, d'ici qu'ils repoussent...
23:05 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : coiffeur, ciseaux, rasoir



Commentaires
Tu me fais penser à Omar..."ch'arrife, mais che repars bientôt"...
Comment ça tu repars??? Déjà? Et nous, on fais comment pour se remettre, hein? Quand on ne sait pas tisser le jour pour détisser la nuit? Quand il n'y a même pas de bitte d'amarrage pour s'asseoir et pleurer?
Quand je pense que tu nous quittes pour une coiffeuse que tu veux quitter aussi!!
Non seulement infidèle, mais inconstant aussi!!
Ma parole, tu nous fait une crise de la capillaine!
Oyoyoy...
;o)
Ecrit par : Ardalia | 01.08.2006
Coucoute evariste, ô brebis tondue ! :-) C'est mieux pour te bronzer a Roma... :-) Bonjour au Pape de ma part, dis-lui que j'étais contente qu'il se prononce sur le Liban !
Ecrit par : joye | 02.08.2006
J'ai eux quatre coiffeurs dans ma vie :
Jean-Pierre, le coiffeur du quartier ou j'ai vécu ma jeunesse, qui m'a toujours fait la coupe à la Sarkö...
Ma belle-mère qui est tapissière et qui coupe un peu à l'arrache
Mon beau frère qui est métallier et qui m'a tondu les cheveux une fois
Et Marie qui pour la première fois lundi m'a arrangé à coup de tondeuse.
Je ne veux pas aller chez le coiffeur, il va me demander ce que je veux, et je sens bien que "juste court" ça ne leur va pas à ces gens là... Il faut surement user de termes techniques, savoir le type de coupe qu'on veut... Moi je veux juste court, rrhaaa !
Ecrit par : fred | 02.08.2006
Bon voyage à Rome et profite bien du Soleil. Ici, en Normandie, il a disparu et de gros nuages envahissent l'horizon. Bisous.
Ecrit par : Anne-Ma | 02.08.2006
Chez le coiffeur,
-"Juste court."
Le coiffeur : Juste court ???! Mais ce n'est pas à la mode.
-Mais je m'en fous de la mode!" / Du vécu.
Rome... Quelle chance.
"La crise de la capillaine " c'est méga*bombyx*drôle Ardalia ! Hi. Capilliculteur, "j'ai lu Desproges" pô dans un Larousse quatre-vingt-treize]neptunium) et à chaque fois caparaçon caprifoliacée m'obligent à vérifier le nombre de consonnes doubles à capilliculteur. Bah.
Pouêt*pouêt orange.
P'tit bonheur pour Sarah, le premier aôut "Picsou*Mag" et deuxième effet kiss cool le deux "Canard Enchainé" ; j'adore les palmipèdes.
Après trois jours de crachin breton le ciel s'éclaircit, "probab' Y va faire beau cette nuit à l'Ouest.
Vivement le week-end.
Ecrit par : xenarthre103 | 02.08.2006
Le coiffeur ! Bah ! :-(
Maryse :
"Comment je les coupe ?
— Coupe masque.
— Donc vous allez vous baigner !
— Oui
— Donc pas de séchage, pas de brushing !"
Vingt minutes, top chrono ! 19 €
Quand je pense qu'il y en a qui adore !
Ecrit par : Sar@h | 15.08.2006
Bonjour à toutes et à tous.
Vraiment excellent Evariste, j'aime beaucoup. je crois qu'on un tous un petit souvenir dans ce genre là, mais là toi, tu le dépeins de façon si extraordinnaire que c'est superbement vivant. Trop top. Bravo!
Ecrit par : chouchou | 22.08.2006
@Ardalia: eh ben oui, j'ai quitté ma coiffeuse, déjà, je suis reparti, à Rome, je suis revenu, je suis reparti, à Mâcon...
Avec tout çà mes cheveux ont repoussé! Dure rentrée!
@Joye: j'ai transmis à Benoit... Attention c'est quand même un drôle de zig, qui a mis le préservatif à l'Index...
@Fred: si tu savais le nombre de coiffeuses que j'ai eu dans ma vie... Allez, je ne veux pas te faire rêver!
@Xenarthe103: je suis aujourd'hui revenu de Rome. En plein dans le crachin normand, celui qu'était breton au début, et qui se ballade d'ouest en est...
@Sarah: elle est drôle ta coiffeuse... Tu dis coupe masque, et elle en déduit que tu vas te baigner. Elle est très forte!
@Chouchou: merci, et bonne rentrée donc, puisque c'est l'époque... Mes cheveux ont déjà repoussé...
Ecrit par : Evariste | 28.08.2006
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