08.06.2007
Etat d'esprit

A Ed...
"Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu'un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l'écrasement aux petits.[...]
Entre ses voleurs et ses bourreaux, il [l'électeur] a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit."
Octave Mirbeau
19:50 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (33) | Envoyer cette note
24.03.2007
La France d'après II
Dans la France d'avant, la police arrêtait les truands.
Dans la France de maintenant, elle arrête les parents qui viennent chercher leurs enfants à l'école, de "dangereux" parents, la baguette sous le bras, armés de poussettes et de panier à provision.
Poursuivis jusqu'au trottoir de l'école de leur progéniture par des hommes en arme et des meute de chiens,
menottés, maltraités, bousculés,
jetés comme des malfaiteurs dans un panier à salade de la République.
Dans la France de maintenant, elle arrête aussi les pauvres (salauds de pauvres!..) aux restaus du coeur.
Z'avaient qu'à pas être noir, ou arabes, ou misérables. Z'avaient qu'à pas avoir les yeux bridés.
Prenez garde: en 1942, on parlait de rafle. Croyez-vous qu'en 2007 il faille employer un autre mot?
A quelques semaines des présidentielles, même si les médias se taisent par complaisance, il sera de plus en plus difficile de dire qu'on ne savait pas... Merci Internet! Un petit coup d'oeil sur cette vidéo qui relate le courage ordinaire, et extraordinaire, des gens de tous les jours, face à l'absurdité. Avec l'incroyable force des justes, de ceux qui sont du côté de l'humanité, envers et contre tout.
Il est de notre devoir que cette information circule. Ce n'est plus simplement un problème politique: il y va de la démocratie et de l'avenir de notre pays, de ce qui fait que dans les rues on peut se promener la tête haute...
Et je vous le demande du fond du coeur: voulez-vous vraiment de cette France d'après?
(Merci à la Télé Libre d'autoriser la diffusion de cette vidéo; je vous recommande aussi la lecture de leur article, qui détaille le déroulement de cette arrestation mouvementée)
14:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
23.03.2007
Etre heureux
Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple.
Jacques Prévert
23:03 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
17.03.2007
La France d'après

00:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
16.03.2007
Palace
Me voici dans ce grand palace bruxellois... Radisson Hotel... Avec des grooms en livret, et la curieuse impression au moins d'être un ministre ou un chef d'état.
Chambre climatisée, quarante chaines satellites, des langues en veux-tu en voilà... Le wifi... l'auriez-vous deviné? Excusez du peu! Tous mes ancêtres cheminots et paysans doivent s'en retourner dans leur tombe. Oh toi mon grand-père des trois huit et des jardins potagers, que j'ai plus souvent vu la bêche à la main qu'en costume trois pièces, à l'ombre duquel j'ai grandi, entre une petite maison de brique rouge et un poulailler, parmi les fraises et les pommes de terre, sous les bisous sonores et l'amour à revendre de ma grand-mère, non rassure-toi, le joueur de flute n'a pas trahi...
J'ai quand même hâte de partir, de peur de m'habituer. Vivement ma petit maison rouennaise! Au moins là-bas, je ne risque pas de me croire important. Immortel même.
Et si d'aventure, en passant par là, vous demandiez Evariste au groom habillé comme un amiral, on pourrait comme dans un vieux film américain en noir et blanc boire un ouzo au bar, avec la fumée des gros cigares... Allez je vous attends, mais qu'est-ce que vous faites, voyons, je ne vois toujours rien venir? Une autre fois alors?
Mais bon, je divague... Allez au lit, camarade, cela sera bien plus raisonnable! La folie, c'est pour demain!
23:58 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
15.03.2007
C'était au temps... où Bruxelles calculait!

21:30 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note
13.03.2007
Payer l'air
L'air est devenu payant... c'est ce que j'ai appris l'autre soir en allant gonfler mon vélo à la station service...
Bon d'accord, c'est pour l'air que l'on met dans les pneus... Mais enfin? Payer de l'air, fut-il comprimé, vous vous rendez compte?
- Dites donc mais vous êtes gonflé, vous! ai-je dit au patron, peu aimable derrière son comptoir...
- Oui, mais pas vos roues... a-t-il rétorqué, l'air louche.
- Ah ma parole, Vous ne manquez pas d'air!
- Non et c'est même pour cela qu'on le vend.
Argh!

Il me gonflait le sale type, pour pas un rond... mais pas mon pneu!
Mais le corps à corps mâle et sauvage, exténuant, dans mon garage, avec la petite pompe de mon vélo, pour avoir un pneu mou misérablement gonflé, ce n'est plus de mon âge!
Alors j'ai cédé et j'ai gonflé mes roues, pour 50 centimes d'euros. Allez, vive la pompe de la station-service!
Cinquante centimes... Le prix d'une baguette quasiment, pour trois fois rien d'air... Pfuittt dans le pneu, fini...
L'air de rien, j'en ai mis un peu plus, je l'avoue aujourd'hui, qu'il n'aurait fallu...
J'ai mis un peu d'air de côté quoi, pour la prochaine crevaison.
En attendant, j'ai des roues, rebondies comme des baudruches... Je crains l'explosion généralisée au moindre soubresaut...
Ma façon à moi d'être gonflé et de ne pas manquer d'air!
14:55 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
11.03.2007
Barbares
Ainsi donc les barbares sont revenus...
Faut-il qu'ils aient si peu à faire de leur vie pour venir dévider interminablement ici, jusqu'à la nausée, leurs insanités, toujours les mêmes rengaines, les mêmes rancoeurs, les mêmes amertumes, le ranci des vieux placards de leur esprit tourmenté!
Qu'un seul au moins ait le courage de donner son nom et son adresse IP, et on en reparlera! Mais stupide, on peut l'être à moindre coût, courageux, c'est une autre histoire... Quant à l'intelligence...
Nous nous contenterons donc de bien pitoyables faux evariste ou fausse dom, démasqués dès qu'on en a lu trois phrases....
Allez, messieurs les trolls, je vous plains du fond du coeur,pauvres usurpateurs, écrivaillons atrabilaires, si votre plus grand projet, votre rêve pour demain, votre espoir, c'est de venir polluer encore plus les blogs... C'est grandiose et magnifique! Que votre vie microscopique doit être pesante à porter!
Il me reste donc à m'excuser auprès de Dom, pour l'utilisation abusive de son nom, et des autres lecteurs, qui ont pu être indisposés de cette prose de bazar.
Je me dois d'être plus vigilant: une semaine d'absence, à Bruges pour tout vous dire, et tout va mal...
Bises à ceux que j'aime, et mon mépris le plus souverain aux autres... Hasta pronto!
PS: comme je l'ai dit à Joye, par mail, si j'ai pris une certaine distance ces derniers temps, bien loin de moi l'intention de tout abandonner, même si autour de moi, les compagnons des premiers jours se font de plus en plus rares. Je suis en fait en train d'écrire un livre... de mathématiques. Le temps passe bien vite, à noircir le papier...Que voulez-vous l'"accouchement" est difficile, même pour un bouquin avec des formules dedans. Qui l'eut cru?
14:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
13.02.2007
Février

15:00 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2007
Copies
Après-midi studieuse, bien calé devant mon bureau, le stylo rouge à la main...
Point de stylos-bille, sommaires et rugueux, qui sournoisement fuient dès qu'ils sont dans votre poche: ceux-là ne glissent pas assez, ils semblent retenir votre élan sur la feuille, être sempiternellement en retard de deux ou trois mots sur votre pensée.
Non, j'utilise pour mes forfaits de correcteur un joli stylo-plume à réservoir, que je recharge de temps à autre dans une bouteille d'encre. Racé et élégant, il galope sur le papier comme un fougueux destrier. Pour tout dire, j'ai même parfois la curieuse impression qu'il prend de l'avance sur ma pensée. De là à me dire qu'il écrit tout seul...
J'annote, je corrige, je soupèse, j'estime et j'évalue la production de mes élèves.
Je le fais toujours avec intérêt, n'était le temps que je dois y passer, un peu comme l'entraineur de foot qui verrait depuis le banc de touche ses chers poulains se débrouiller tout seuls...
Avec deux questions en tête: ont-ils compris ce que nous avons fait? Ont-ils eux-mêmes travaillé le cours?
Et le tout en musique: la Traviatta, du Monde, et Maria Callas. Comment, mais vous ne l'avez pas encore acheté? Vite il est en kiosque encore...
14:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note
26.01.2007
Silence
Revenir, disaient-ils...
Mais je ne suis même pas parti...
Je suis toujours là,
je regarde,
j'observe,
je détaille...
Parfois, je me dis que le silence vaut bien mieux que tout mes longs discours... Si vous saviez!
Revenir, disiez-vous!
Oui, vous avez raison... les mots que l'on écrit valent toujours plus que ceux que l'on tait.
22:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
15.01.2007
Tempus fugit
Je regarde avec inquiétude le sablier s'écouler...

...le temps qui passe, le temps qui fuit, qui s'enfuit, qui me coule entre les doigts, comme une poignée de sable fin dont je voudrais retenir chaque grain.
Croyant avoir le temps, je me rends compte tout doucement que c'est le temps qui m'a!
Time is not money! Il est encore plus précieux, il est la fibre dont se construit nos vies, l'espoir de demain dans mon coeur, la nostalgie d'hier et des rires d'autrefois. Il est l'oubli et la mémoire, l'inexorable et le futile.
Le temps m'emporte, me soulève, me traine seconde par seconde, vers ce là-bas où je finirais moi-même par me dissoudre et me perdre.
Attaqué par les secondes, les minutes, les heures, les jours et je résiste aux embruns de Chronos, qui petit à petit me rendent vieux, comme la mer, goutte après goutte, vague après vague, vent après vent, polit les galets de la plage.
Avec la patience implacable et froide de ceux qui ont vraiment le temps d'attendre.
19:40 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note
07.01.2007
Merry Christmas
Attention... si t'es pas sage, mon garçon, tu vas voir, le père Noël en 2007, ce qu'il va t'apporter...

21:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note
05.01.2007
Des fêtes
Ce matin, j'ai vu un sapin de Noël, échoué sur sur un trottoir, comme fichu à la porte malproprement de la maison qu'il a illuminé pendant quelques jours, portant sur ses branches dégarnies toute la misère des sapins de noël en janvier et la tristesse des fêtes qui s'achèvent.
M'est avis, mais j'dis ça comme ça, qu'on ferait mieux de les laisser plantés les sapins de Noël!
Aujourd'hui je me sens un peu comme lui, ce pauvre petit sapin de Noël de rien du tout!
La gueule de bois, oui, la sensation bizarre qu'il ne se passe plus rien et qu'on remballe tout comme après une catastrophe.
On doit presque s'excuser de se retrouver dans les rue avec un sourire aux lèvres et le coup de pédale vigoureux: cela ne sied pas à l'après-fête.
Quant aux magasins... Fermés pour cause d'inventaire, of course... Il faut bien compter ses sous... Enfin les sous de ceux qui en ont, pas tout le monde... Puisque l'horizon ultime de notre société, la trinité libérale, c'est bien le flouze, la consommation et la croissance...
Et j'entends derrière les rideaux baissés le doux bruit des tiroirs caisses qui s'ouvrent et des calculatrices qui additionnent et je devine les mains avides qui comptent les billets. Pourvu que l'on ait au moins payé comme il se doit, j'en doute, ceux à qui on a demandé de travailler le dimanche!
Allez, je me dis que du haut de sa croix, le petit Jésus, qui n'existe pas dieu merci - ce n'est pas parce que j'en parle que cela va arriver, heureusement!-, contemple tout cela avec une tristesse infinie!
Poème de Jean-Pierre Rosnay, que les lecteurs fidèle de ce blog se rappelleront avoir vu ici en mars dernier... Quitte à parler du Christ, je préfère largement à cette sauce impie...
Intimité du Christ
Jésus se fait deux oeufs sur le plat. Il n'est pas coiffé, pas rasé, pieds nus il a laissé sa croix dans un coin. Aussitôt qu'il a un moment, il dessine des enfants, des enfants, des enfants. Parfois, il lit les journaux et hausse les épaules. Ce que l'on colporte sur son compte l'irrite, accentue sa fièvre.
Jésus répare sa bicyclette, il doit aller livrer du poisson, il y a une éternité qu'il n'a pas eu le temps de téléphoner à sa mère. La dernière fois qu'il l'a vue, c'était au Golgotha, peu avant son décès. Il a des fins de siècles difficiles.
Gardien des eaux et des forêts de l'âme, il va, il va, opiniâtre, friand d'innocence. Les pauvres le rassemblent, il a toujours un visage pour les vaincus. Il évite les cathédrales comme la peste, il fait un grand détour à cause d'un rendez-vous qu'il a dans les yeux d'un aveugle. Tout à l'heure il se fondra à nouveau dans la foule, puis, après avoir escorté des révolutionnaires qui se déplacent nuitamment, par prudence, il recommencera à dessiner des enfants, des enfants si petits qu'il faut une loupe ou un coeur de mère pour les voir.
Je le salue distraitement, car il n'apprécie guère les démonstrations, car il doute, car il est mon ami. Je prends congé, je me rejoins dans ma vie si provisoire, si bâclée, si chaotique, que je n'y aurai pris, à vrai dire, qu'un intérêt limité.
Jean-Pierre Rosnay
21:50 Publié dans Mots... | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01.01.2007
Bonne année
Bonne année 2007 à tous!
00:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note


